Accueil Date de création : 02/02/09 Dernière mise à jour : 31/12/11 14:53 / 193 articles publiés

Alternance  (ETERNITES) posté le samedi 31 décembre 2011 14:53

Blog de klaud :ARTBRETAGNE 'éternités', Alternance

Notre immersion dans le temps nous condamne à l’alternance. Alternance permanente dans la succession de nos choix entre création et destruction, croissance et décroissance, vie et mort, acceptation ou refus, mal et bien souvent confondus… La religion qui est conciliation, trait d’union, et justification des opposés en sa finalité - comme la science se veut et se croit synthèse concurrente du perçu et du vécu bien que sans cesse ébranlée dans ses propres convictions -, nous incline, quant à elle, à un état de continuité et de constance dans notre penser autant que notre agir. A une durée sans fin, libérée des apparences et de nos limitations charnelles, dont l’issue inconnue, imperceptible à nos sens insuffisamment éveillés, s’oppose à la mort physiologique. Cette mort satisfait d’autant plus l’esprit du croyant que, déjà baigné d’éternité, ce moment tant redouté, ce passage hors du temps, n’a pour lui, pas même la durée d’un instant de sommeil avant l’éveil, « mille ans et plus, étant comparables à un jour » et beaucoup moins encore, aussi bien que l’inverse, à l’échelle relativiste du cosmique. La montée du désir et d’une jouissance sans équivalent, dans la copulation qui se veut acte d’amour, fournit assurément la plus commune et vivante image de l’état mystique et religieux : de don comme d’abandon ; d’unité et d’harmonie parfaite entre deux êtres n’ayant d’autre souci, en leur alternatif hérité des ondes initiales autant que des singes, que d’approcher l’au-delà de leur mort, dans une quête d’absolu face au mystère et au sacré qui les inonde, à leur insu. Et qu’on en fasse un objet de consommation uniquement physique et jouissif et non de communion entre deux êtres ne peut être qu’un blasphème : une désunion affirmée de l’union sacrée corps et âmes. En l’état religieux, qui tisse des liens secrets avec l’état de poète, tout dans l’univers n’est plus que parabole, matière à enseigner, découvrir et transfigurer notre libre créature pensante, agissante, et en perpétuel devenir, en un être spirituel et subtil, à l’image de son Dieu. En dépit de l’infinité des voies de traverses qui mènent à cet état premier autant qu’ultime - les plus glorieuses, les plus impénétrables et les plus humbles -, il n’est, tous comptes faits, de réelles inégalités entre les humains, qui ont toute liberté de se réaliser ou de se rater corps et âme dans leurs corps à corps d’aliénés, que dans le degré d’approche de cette communion avec le divin. A moins …qu’ils ne continuent de s’attacher aux jeux du cirque où les condamnés et martyrs ont encore, aux yeux des masses versatiles et abusées, l’apparent tort de s’être laissés vaincre pour une cause, ou un « ailleurs » impalpable, étranger à nos sens limités. Impalpable, hors de notre espace-temps ? Donc, de ce seul fait, illusoire, inexistant, néant à leur yeux. Mais alors… que d’inexistant, d’illusoire et de néant dans les sciences dites fondamentales qui ne cesse de nommer l’inaccessible !... Toutes réfutations du divin, aussi bien que des concepts scientifiques les plus élaborés tournent en rond, par leur commun refus de la science des sciences qui elle « relie » le tout, en retrouve les harmonies, et conduit au REEL divin, sans besoin de savantes équations dont certains détenteurs voudraient nous faire croire que par cette seule intelligence numérique, ils auraient droit à tous pouvoirs sur le monde et ses libertés créatrices, en tant qu’élite. Mais élus de qui ?... sinon d’eux-mêmes, en pleine divagation et faute de monstrueux orgueil « contre l’Esprit ».

Jean-Pierre Alliot, poète philosophe

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Construire la terre  (PHILOSOPHIE) posté le dimanche 04 décembre 2011 21:38


Blog de klaud : ARTBRETAGNE "éternités", Construire la terre


Par « Sens de la Terre », il faut entendre le sens passionné de la destinée commune qui entraîne, toujours plus loin, la fraction pensante de la Vie. En droit, aucun sentiment n'est plus fondé en nature, ni donc plus puissant que celui-là. Mais, en fait, aucun non plus ne saurait s'éveiller plus tard, puisqu'il exige, pour son explicitation, que notre conscience, émergeant au-dessus des cercles grandissants (mais beaucoup trop restreints encore) de la famille, des patries, des races, découvre enfin que la seule Unité humaine vraiment naturelle et réelle est l'Esprit de la Terre. Sous l'excitation des découvertes répétées qui, en l'espace d'un siècle, ont révélé coup sur coup à notre génération, d'abord les profondeurs et la signification de la durée, - puis les ressources spirituelles illimitées de la Matière, - et enfin la puissance des vivants associés, il semble que notre psychologie soit en train de changer. Une passion nouvelle, victorieuse, commence à se dessiner, qui balaiera ou transformera ce qui a été jusqu'ici les puérilités de la Terre. Et son action salutaire vient juste à point pour « contrôler », réveiller ou ordonner : les forces émancipées de l'Amour, les forces dormantes de l'Unité humaine, les forces hésitantes de la Recherche... a) L'Amour. L'Amour est la plus universelle, la plus formidable, et la plus mystérieuse des énergies cosmiques. Du point de vue de l'Évolution spirituelle, il semble que nous puissions donner un nom et une valeur à cette énergie étrange de l'Amour. Ne serait-elle pas, tout simplement, dans son essence, l'attraction même exercée, sur chaque élément conscient, par le Centre de l'Univers ? L'appel à la grande Union dont la réalisation est l'unique Affaire actuellement en cours dans la Nature... - Dans cette hypothèse, suivant laquelle (conformément aux résultats de l'analyse psychologique) l'Amour serait l'énergie psychique primitive et universelle, tout ne devient-il pas clair autour de nous pour l'intelligence et pour l'action ? Vers l'Homme, à travers la Femme, c'est en réalité l'Univers qui s'avance. Si l'Homme ne reconnaît pas la véritable nature, le véritable objet de son amour, c'est le désordre irrémédiable et profond. Acharné à assouvir sur une chose trop petite une passion qui s'adresse à Tout, il cherchera forcément à combler, par la matérialité ou la multiplicité toujours accrues de ses expériences, un déséquilibre fondamental. Vaines tentatives, -et, aux yeux de qui entrevoit la valeur inestimable du « quantum spirituel » humain, effroyable déperdition. . Regardons très froidement, en biologistes ou en ingénieurs, l'atmosphère rougeoyante de nos grandes villes, le soir. Là - et partout, du reste, - la Terre dissipe continuellement en pure perte, sa plus merveilleuse puissance. La Terre brûle « à l'air libre ». Combien d'énergie, pensez-vous, se perd-il, en une nuit pour l'Esprit de la Terre ?... Que l'Homme, en revanche, aperçoive la Réalité universelle qui brille spirituellement à travers la chair. Il découvrira, alors, la raison de ce qui, jusque-là, décevait et pervertissait son pouvoir d'aimer. La Femme est devant lui comme l'attrait et le symbole du Monde. Il ne saurait l'étreindre qu'en s'agrandissant à son tour, à la mesure du Monde. Et parce que le Monde est toujours plus grand, et toujours inachevé, et toujours en avant de nous-mêmes, - c'est à une conquête sans limite de l'Univers et de lui-même que, pour saisir son amour, l'Homme se trouve engagé. En ce sens, l'Homme ne saurait atteindre la Femme que dans l'Union universelle consommée. - L'Amour est une réserve sacrée d'énergie, - et comme le sang même de l'Évolution spirituelle : voilà ce que nous découvre, en premier lieu, le Sens de la Terre.

Construire la terre,  Cahiers Pierre Teilhard de Chardin

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Keranforest : l'homme de "Pierres et paysages"  (ACTUALITE) posté le vendredi 11 novembre 2011 17:00

Blog de klaud :ARTBRETAGNE 'éternités', Keranforest : l'homme de 'Pierres et paysages'

 

Publiés chaque semaine durant près de vingt ans, ces articles acquièrent aujourd'hui valeur d'archives. On y trouvera, à côté du désintérêt consternant de certains édiles municipaux, beaucoup de signes d'espérance, qui attestent la vitalité des communautés locales et les ressources renouvelées des générations qui se suivent.Tous les articles sont repris dans leur intégralité. On verra ainsi les appels lancés aux lecteurs du journal, au fi l des mois et des années. Nous avons cru bon de laisser dates de rencontres, adresses et informations parues à l'époque.
Cette publication commence une collection « Pierres et paysages ».

Keranforest

Blog de klaud : ARTBRETAGNE "éternités", Keranforest : l'homme de pierres et paysages

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Le Prophète  (ETERNITES) posté le vendredi 11 novembre 2011 14:45

Blog de klaud : ARTBRETAGNE "éternités", Le Prophète

 

"Aucun  homme ne peut rien vous révéler sinon ce qui repose déjà à demi endormi dans l'aube de votre connaissance. Le maître qui marche à l'ombre du temple, parmi ses disciples, ne donne pas de sa sagesse mais plutôt de sa foi et de son amour. S'il est vraimant sage, il ne vous invite pas à entrer dans la maison de sa sagesse, mais vous conduit plutôt au seuil de votre propre esprit. L'astronome peut vous parler de sa compréhension de l'espace, mais il ne peut pas vous donner sa compréhension. Le musicien peut chanter pour vous sa mélodie qui est en tout espace, mais il ne peut vous donner l'oreille qui saisit le rythme, ni la voix qui lui fait écho. Et celui qui est versé dans la science des nombres peut parler du domaine des poids et des mesures, mais ne peut vous y conduire. Car la vision d'un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme. Et de même que chacun de vous se tient seul dans la connaissance de Dieu, de même chacun de vous doit être seul dans la connaisance de Dieu et dans sa compréhension de la terre."


Khalil Gibran

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De la propriété  (PHILOSOPHIE) posté le mercredi 21 septembre 2011 10:04

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Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : "Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne!" Mais il y a grande apparence qu'alors les choses en étaient déjà venues au point de ne plus pouvoir durer comme elles étaient : car cette idée de propriété, dépendant de beaucoup d'idées antérieures qui n'ont pu naître que successivement, ne se forma pas tout d'un coup dans l'esprit humain : il fallut faire bien des progrès, acquérir bien de l'industrie et des lumières, les transmettre et les augmenter d'âge en âge, avant que d'arriver à ce dernier terme de l'état de nature. [...] La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes, et perdu le genre humain.

Jean-Jacques ROUSSEAU

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